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Et soudain, chez Ardisson, le discours du FN sur l’immigration s’écroule

Publié par loulou sur 30 Mai 2014, 21:28pm

Catégories : #Articles de presse

Et soudain, chez Ardisson, le discours du FN sur l’immigration s’écroule

Ce samedi, dans l’émission « Salut les terriens » de Canal+, Thierry Ardisson a invité Florian Philippot, vice-président du Front national. L’énarque est un habitué des plateaux télé (notamment les chaînes d’info en continu), où il est rarement mis en difficulté par manque de temps ou de travail.

Cette fois, le conseiller de Marine Le Pen a passé un moment très désagréable : son discours sur l’immigration, l’histoire qu’il se raconte, a été pulvérisé.

Face au cadre du Front national, il y avait Edwy Plenel de Mediapart (pas mauvais) et surtout François Gemenne, spécialiste des flux migratoires, chercheur à l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri) et à l’université de Liège (FNRS/Cedem), professeur à Sciences-Po Grenoble et Bruxelles. NLB

Nécessaire et collector

L’échange entre eux a lieu à partir de la dix-septième minute de cette vidéo. Nous avons également retranscrit l’intégralité d’un moment de télé que nous estimons nécessaire et collector.

Thierry Ardisson commence sa séquence en évoquant l’immigration africaine, qui pourrait s’accélérer avec la fin de l’ère Kadhafi :

« Florian Philippot : Il ne s’agit pas de regretter ou pas [Kadhafi, ndlr]. La situation aujourd’hui, avec les islamistes et la charia au pouvoir, n’est pas du tout appréciable pour les Libyens. Mais il est vrai qu’il y avait des accords et qu’il empêchait une immigration encore plus massive vers l’Union européenne, notamment vers l’Italie.

Edwy Plenel : Vous savez, il y a une Déclaration universelle des droits de l’homme qui a été adoptée en 1948. Dans l’article 13 et l’article 14 de cette déclaration, il est énoncé deux droits fondamentaux de l’homme. Le premier est le droit de circuler : toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Et le deuxième est le droit d’asile : devant la persécution, toute personne a le droit de chercher asile.

François Gemenne : Et vous oubliez un droit important qui est le droit à l’émigration, toute personne a le droit de quitter son propre pays.

Edwy Plenel : J’allais y venir. Parce que le propre de l’homme, c’est de pouvoir bouger. Arrêtons d’avoir peur. Sous votre contrôle, je crois qu’actuellement c’est au maximum 3% de la population mondiale qui vit hors de son pays de naissance. Au maximum. Donc résolvons comment nous affrontons ces problèmes, comment nous discutons de ces problèmes, mais arrêtons de croire que l’on va empêcher des gens de venir, arrêtons d’avoir peur de 40 000 personnes à Lampedusa quand on est un continent de 600 millions d’habitants.

Thierry Ardisson : François, l’Afrique, est-ce que c’est un réservoir d’immigration qui va se lancer sur l’Europe ?

François Gemenne : Bien sûr et heureusement. Aujourd’hui, on a absolument besoin de l’immigration africaine en France, en Europe et partout ailleurs. En 2011, sur le territoire français, il y a eu à peu près 265 000 nouveaux immigrants, dont à peu près 50 000 européens. Une partie de ces immigrés était naturellement des immigrés qui venaient du Maghreb, à peu près 30% ou 35% et 10% d’Afrique subsaharienne. Et dans le même temps, il y a eu 200 000 Français qui sont partis. Cela veut dire que la France se viderait si nous n’avions pas d’immigration.

Florian Philippot : Moi, je voudrais exactement l’inverse, c’est-à-dire que les Français, notamment les jeunes talents, restent et pour cela il faudrait relancer la “machine France” parce que, aujourd’hui, elle n’est pas très attractive, c’est vrai. Et puis pour le reste, quand vous dites que c’est l’immigration massive qui vient... C’est vrai, mais ce n’est pas le projet des Français, c’est le projet du grand patronat. C’est lui qui, depuis la fin des années 60, a poussé à l’immigration, parce que cela fait de la main-d’œuvre bon marché, docile et pour cela je trouve que la gauche notamment devrait se mortifier d’avoir défendu ce projet parce qu’elle a donné une caution morale à un projet qui était uniquement du fric.

Thierry Ardisson : Mais Florian, c’est quand même de la main-d’œuvre qui fait le travail que les Français ne veulent pas faire ?

Florian Philippot : Alors voilà, ça c’est un exemple, pourquoi on dit ça ? Parce que les Français seraient paresseux ?

Thierry Ardisson : Non, mais les Français ne veulent pas se taper le marteau piqueur, ça je peux vous le dire.

Florian Philippot : Ils ne veulent pas se le taper à ce prix-là et dans ces conditions-là, parce que c’est un moyen pour le patronat de ne pas augmenter les salaires. Il sait qu’il a une réserve de main-d’œuvre derrière qui s’appelle l’immigration, donc il augmente pas les salaires.

Edwy Plenel : Mais non, mais non, la République, c’est l’ascenseur social. Avant c’était qui le marteau-piqueur ?

Thierry Ardisson : C’étaient les Portugais, c’étaient les Italiens.

Edwy Plenel : Non avant, avant, avant ! C’étaient nous, les Bretons. Les premiers migrants de l’intérieur. Encore une fois, désigner l’étranger comme la cause de nos malheurs, c’est un mensonge.

Florian Philippot : Personne n’a dit ça.

François Gemenne : Juste un chiffre pour remettre les propos de monsieur Philippot en perspective. L’immigration de travail en France, cela représente à peu près 10% de l’immigration, cela représente à peu près 20 000 personnes, ce n’est pas beaucoup.

Florian Philippot : Dans un pays où il y a déjà 5 millions de chômeurs, c’est beaucoup.

François Gemenne : C’est un mensonge absolu de dire que les immigrés prennent le travail des Français. L’impact des immigrés sur le taux d’emploi est quasiment nul. Et le niveau des salaires augmente légèrement du fait de l’immigration. Vous gagnez 0,27% en plus à cause de l’immigration.

Florian Philippot : C’est faux et il y a plein de rapports qui l’ont démontré. Et si c’était vrai, je vous assure que le grand patronat ne serait pas le premier défenseur, le Medef premier, pour défendre l’immigration. »

« Poisson pourri par la tête »

Thierry Ardisson continue avec l’Extrême-Orient et les réfugiés climatiques(venant du Bangladesh par exemple). Vont-ils débarquer en Europe ?

« François Gemenne : Non, ce qu’on observe pour le moment, c’est que la plupart des migrants qui doivent se déplacer à cause des mutations de l’environnement le font à l’intérieur de leur propre pays. Simplement parce que souvent les frontières sont fermées, pas seulement au Nord, mais au Sud aussi. Et que aussi, c’est un point qu’on oublie souvent, cela coûte très, très cher de migrer et les populations qui sont touchées par ces changements climatiques sont souvent des populations très vulnérables. Cela veut dire qu’elles bougent souvent à quelques kilomètres simplement et ce sont des migrations de toutes petites distances.

Thierry Ardisson : [...] Est-ce que la France est la championne d’Europe de l’immigration légale ?

François Gemenne : Non, ce n’est pas en France qu’il y a le plus d’immigrés. Si on prend des pays comparables en Europe : le Royaume-Uni, en 2011, a accueilli 550 000 immigrés, l’Allemagne 500 000, l’Italie 385 000 et la France, ensuite, 267 000.

Thierry Ardisson, s’adressant à Philippot : Vous le saviez ça ?

Florian Philippot : Ah oui, oui, je le sais. Mais c’est pas une raison, et alors ? Mais qu’est-ce que ça apporte à la France ?

Thierry Ardisson : Non, parce qu’on est à la moitié des autres... Quand on vous écoute, on a l’impression qu’ils sont tous ici.

Florian Philippot : Non, mais c’est 267 000 par an... Parce que moi, on me dit toujours que ça s’est bien passé pour les Italiens, les Polonais. Je le sais, ma grand-mère était polonaise, vous voyez. Et ça s’est bien passé... Mais les flux n’étaient pas les mêmes : aujourd’hui, nous sommes dans une crise économique et sociale gravissime.

François Gemenne : Attendez, il faut dire qui sont ces gens. Pour 60 000 d’entre eux, ce sont des étudiants qui viennent faire leurs études en France. Pour 90 000 d’entre eux, c’est du regroupement familial, donc ce sont des époux étrangers des Français et leurs enfants. Il y a 20 000 immigrés qui viennent pour des raisons humanitaires. Il y en a 20 000 qui viennent pour des raisons économiques.

Thierry Ardisson : Florian, le FN dit qu’il peut ramener l’immigration de 200 000 à 10 000, est-ce que c’est possible ?

Florian Philippot : Bah, il va dire non.

François Gemenne : Ce serait possible, mais il faudrait que la France sorte de toute une série d’accords internationaux.

Florian Philippot : Ah oui, qu’elle redevienne souveraine, qu’elle retrouve des frontières et la maîtrise de sa politique. Non seulement d’immigration, mais pas simplement.

François Gemenne : Cela voudrait dire aussi que les Français ne pourraient plus émigrer.

Thierry Ardisson : Est-ce que l’immigration coûte plus qu’elle ne rapporte ?

François Gemenne : Selon les estimations, elle coûte en 4 et 10 milliards.

Thierry Ardisson : C’est pas tellement les prestations sociales, vous dites, c’est surtout la gestion des dossiers, la police, la justice, l’administration.

François Gemenne : On a parlé de cette jeune fille reconduite au Kosovo [Leonarda, ndlr]. Le coût annuel des reconduites à la frontière, c’est 400 millions d’euros. Une opération comme celle-là, par personne, ça coûte 21 000 euros au contribuable. Donc la politique répressive a un coût énorme. Et puis, l’immigration a un impact fiscal qui est légèrement négatif, la France est une exception d’ailleurs dans les pays industrialisés car d’habitude, les immigrés rapportent de l’argent plus qu’ils n’en coûtent. Si en France ils coûtent un peu d’argent, c’est avant tout parce qu’on ne les laisse pas travailler.

Thierry Ardisson : On va conclure. Peut-on accueillir “toute la misère du monde” ?

Florian Philippot : Moi, je suis pour l’assimilation républicaine : la langue, que ce soit des gens qui deviennent ensuite français, qui soient pleinement heureux en France, avec un boulot, un logement, qui se sentent bien, qui ont les valeurs. Mais ce n’est pas possible avec le rythme actuel d’immigration et la crise économique, c’est tout.

Edwy Plenel, criant presque : Monsieur Philippot incarne la dérive des élites françaises, le poisson pourri par la tête, c’est-à-dire qu’ils veulent que les pauvres se foutent sur la gueule. Quand les pauvres se font la guerre, les riches sont en paix. Vous avez oublié la suite de la phrase, la France ne peut pas accueillir “toute la misère du monde”, “mais elle doit en prendre sa part”. Tout est dans le “mais elle doit en prendre sa part”. »

http://rue89.nouvelobs.com/zapnet/2013/10/30/soudain-chez-ardisson-discours-fn-limmigration-secroule-247074

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