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La Poste au péril de la dispersion

Publié par loulou sur 6 Avril 2015, 19:41pm

Catégories : #Articles de presse

La Poste au péril de la dispersion

Face au déclin inéluctable de la distribution de courrier, son métier historique, La Poste multiplie les initiatives, en quête d’un autre modèle économique. Pour l’heure, ces « nouveaux services » de proximité peinent à convaincre, en interne, comme à l’extérieur de l’entreprise.

Ces dernières semaines, La Poste a enrichi encore un peu plus la palette de services qu’elle propose – ou va proposer dans les prochains mois. En quelques jours, l’entreprise publique a étendu son activité de recyclage de papier de bureau au désarchivage et à la destruction des documents sensibles, mais aussi à la collecte de téléphones portables usagés. A Paris, les facteurs vont également récupérer les capsules de café usagés dans le cadre d’un partenariat avec Nespresso.

Dans le même temps, l’entreprise publique expérimente PostAccess, un verrou « connecté », à poser sur sa porte d’entrée, et que l’on commande depuis son smartphone. Elle teste aussi la livraison des courses alimentaires. Sans oublier, lorsque la loi Macron aura été votée, l’organisation de l’épreuve théorique du permis de conduire. N’en jetez plus !

Cet activisme s’explique aisément : le coeur de métier de l’entreprise, la distribution du courrier, décline à vitesse accélérée. L’an dernier, le volume de lettres traitées par la Poste a reculé de 5,8 %, et la baisse devrait se poursuivre au même rythme dans les années à venir. Philippe Wahl, arrivé à la tête de La Poste en septembre 2013, l’a vite affirmé : pour survivre, l’ex-monopole doit se bâtir un nouveau modèle économique.

Trois piliers

Celui-ci repose sur trois piliers. Les deux premiers sont classiques. Philippe Wahl entend tout d’abord développer les services financiers, un secteur qu’il connaît bien puisqu’il était précédemment président de La Banque Postale. L’activité va prendre une place croissante dans les bureaux de poste, au point que certains d’entre eux, dans les grandes agglomérations, ressembleront bientôt à des agences bancaires qui vendraient aussi des services postaux.

Avec 677 millions d’euros de résultat net l’an dernier, La Banque Postale est bien partie pour atteindre l’objectif du milliard fixé à l’horizon 2020. Deuxième pôle, le transport de colis et la messagerie express, en France mais aussi et surtout à l’international.

Générer de ­nouveaux revenus

Là encore, la stratégie ne date pas d’hier et Geopost, la branche du groupe dédiée à cette activité, affiche un bilan et des positions solides, sur un marché pourtant très concurrentiel. Présent dans 26 pays en Europe, Geopost a dégagé en 2014 un chiffre d’affaires de 4,9 milliards, avec une rentabilité opérationnelle de 450 millions.

Sur le troisième axe en revanche, La Poste, manifestement, tâtonne. L’ambition est de générer de ­nouveaux revenus en assurant de nouveaux services de proximité, dont la plupart seraient assurés par les facteurs dans le cadre de leur tournée. Cela permettrait à l’entreprise d’amortir une partie des coûts, très importants, engendrés par la mission de distribuer le courrier sur tout le territoire national, six jours sur 7 et en J+1.

Dans le cadre de ces « nouveaux services », des initiatives sont ­lancées tous azimuts : portage de médicaments, visite régulière à domicile des personnes jugées fragiles, diagnostic énergétique du foyer, recueil de déclaration de sinistres pour le compte des assurances… Au risque de donner le tournis. Et, dans ce foisonnement, de brouiller l’image du facteur et de déconcerter ces derniers.

Une stratégie qui ressemble « au concours Lépine du facteur Cheval »

Le résultat du concours interne « 20 projets pour 2020 », destiné à faire appel aux idées des salariés du groupe, a ainsi suscité quelques réactions crispées. Parmi les trois projets distingués par le comité exécutif figure Animaleo, « qui offrira une gamme de services aux propriétaires d’animaux de compagnie », explique La Poste sur son site internet, qu’il s’agisse de la livraison de croquettes ou de la promenade du chien…

« L’idée est d’aider les lauréats à monter une filiale, il ne s’agit absolument pas de confier cette tâche à des facteurs », précise aujourd’hui l’entreprise publique. Cela méritait d’être précisé, car les syndicats, eux, se sont étranglés. « Si le ridicule ne tue pas, certains ont même pensé qu’on pouvait en vivre », condamne la CGT, tandis que Sud-PTT, de son côté, dénonce plus globalement une stratégie qui ressemble « au concours Lépine du facteur Cheval ».

Mais Philippe Wahl, lui , assume : « Cette impression de foisonnement ne durera pas, car il s’agit d’une phase transitoire : nous lançons nos filets à la mer et nous regardons ce qui marche, explique-t-il aux « Echos ». Nous avons fait le choix d’expérimenter à ciel ouvert et en public, mais les postes du monde entier, de l’Allemagne au Japon, suivent elles aussi la même stratégie, qui consiste à développer les services à la personne. »

« Je ne prendrai aucun ­risque sur ce plan »

Selon un cadre du groupe, la décision de tester les pistes de nouvelles activités au vu et au su de tous a une vocation pédagogique : « Cette multiplication d’initiatives est une autre manière de faire passer le message en interne que le groupe doit changer. » Quant au risque d’engager les facteurs sur des activités qui altéreraient le sens du métier, ce que reprochent les représentants du personnel, le PDG se dit inflexible : « Je ne prendrai aucun ­risque sur ce plan. »

Néanmoins, ces « nouveaux services » justifient-ils autant de remue-ménage ? L’an dernier, ils ont généré au total 20 millions de chiffres d’affaires et le groupe ne donne pas d’indication sur leur rentabilité. Selon le plan stratégique, l’ambition est d’atteindre 200 millions d’euros d’activité en 2020. Ce qui semble faible, au regard du déclin du courrier, sur lequel La Poste perd 40 millions de chiffre d’affaires… tous les mois.

« Si Philippe Wahl y met autant d’énergie, c’est sans doute parce qu’il en espère beaucoup plus que les ­objectifs affichés, tempère un expert du secteur. Mais comme la plupart de ces initiatives en sont encore à un stade embryonnaire, il ne peut pas le clamer haut et fort. » Du moins pas tant qu’un ou plusieurs des nouveaux services, ceux à destination des seniors par exemple, n’ont pas décollé.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/0204279422700-la-poste-au-peril-de-la-dispersion-1108348.php?PO9piPO8ZwGZILkM.99

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