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Stéphane Richard: "On est à l'aube d'une déferlante d'objets connectés"

Publié par loulou sur 6 Avril 2015, 19:44pm

Catégories : #Orange

Stéphane Richard: "On est à l'aube d'une déferlante d'objets connectés"

A la tête d'Orange, premier opérateur français avec 27 millions de clients "mobile", Stéphane Richard était de passage à Tours cette semaine. Il nous livre sa version de la révolution numérique.

Stéphane Richard, 53 ans, a inauguré mercredi une boutique d'un genre nouveau, rue Nationale à Tours.

(Photo NR, Chloé Bossard)

C'est la cohue, rue Nationale à Tours. Ce mercredi midi, le patron d'Orange, premier opérateur français, vient en personne inaugurer une boutique ultramoderne. Après les discours, devant une canette de soda sans sucre, Stéphane Richard nous expose sa vision de la révolution numérique.

Les Français ont-ils pris conscience de l'ampleur de la révolution numérique?

« La société est en pointe sur le numérique. Une étude récente montre que les Français consultent en moyenne cent cinquante fois par jour leur smartphone. La nouvelle vague qui arrive est celle des objets connectés. On estime qu'il y en aura au moins vingt-cinq milliards d'ici à 2020. C'est dire si ça va pénétrer tous les domaines de la vie quotidienne, comme la santé et le bien-être. On est à l'aube d'une immense déferlante, et je pense que la France a plutôt bien pris ce virage. »

Depuis votre arrivée, Orange n'a pas connu de croissance. Est-ce un échec?

« Les conditions ne permettaient pas d'avoir de la croissance. Les prix de la téléphonie mobile en France ont baissé de 45% en trois ans, c'est un effort énorme. Et, bien évidemment, ça se reflète dans nos chiffres. Tout le pari du plan 2020, c'est de renouer avec la croissance, grâce aux nouvelles technologies et à l'international, qui représente la moitié des activités du groupe. »

4G, 5G, fibre optique... Quelle est votre priorité?

« Dans les trois ans à venir, le grand chantier national, c'est la fibre. Elle représente le tiers de notre enveloppe de quinze milliards d'euros d'investissements. Nous voulons rendre raccordables douze millions de foyers d'ici à 2018, c'est considérable. Cette technologie permettra de multiplier les débits par dix pour une infinité d'usages. On doit aussi améliorer la couverture 4G, avec l'ambition de couvrir 95% de la population de l'Europe en 2018. Quant à la 5G, elle ne sera pas disponible avant 2020. »

"L'Europe n'est
pas une annexe
de la Silicon
Valley"

Ces investissements vont-ils faire monter les tarifs?

« Pas nécessairement. Mais le modèle qu'on veut proposer à nos clients est fondé sur la qualité, ce qui pourra se traduire par des prix un peu plus élevés que nos concurrents. On n'est pas un acteur du low cost, on ne se laissera pas entraîner dans une mécanique destructrice de baisse de prix. On a déjà des prix parmi les plus bas au monde, il serait imprudent d'aller plus loin. »

Peut-on imputer des suppressions d'emplois à cette baisse de prix?

« Évidemment. Vous ne pouvez pas demander à une entreprise de baisser ses prix, de construire des réseaux du futur, et en même temps de ne rien changer à son fonctionnement. Bien sûr qu'il y a une baisse des effectifs. Ce n'est pas la chose la plus facile à faire, et je suis conscient que ça crée des tensions. Mais, malgré une baisse globale, on va recruter 1.900 CDI en France cette année, surtout des jeunes, et ce sera la même chose l'année prochaine. Donc Orange prend toute sa part dans les questions d'emploi. »

La politique du gouvernement est-elle propice aux embauches?

« Toute la politique économique devrait être focalisée sur l'emploi. C'est le discours du Premier ministre, et je trouve ça très bien, mais certaines décisions contredisent ce principe. Il faut faire tout ce qu'on peut pour lever les freins à l'embauche. Je suis par exemple un grand avocat de l'apprentissage: nous avons 6.000 jeunes en alternance chez Orange. Il y a beaucoup d'autres sujets, comme le contrat de travail, mais dès qu'on avance sur ce terrain, on se fait taxer d'hyper libéral. Je sors de mes gonds quand j'entends à la radio: "C'est pour faire plaisir aux patrons". Qu'est-ce que c'est que ce langage? Une mesure qui est bonne pour la compétitivité de l'entreprise est aussi bonne pour les salariés! »

Existe-t-il trop d'opérateurs en Europe?

« L'Europe compte cent vingt opérateurs, contre quatre aux États-Unis. L'Europe a fait le choix de la fragmentation, avec un objectif de concurrence pour avoir les prix les plus bas possible. Mais à présent, on se retrouve face à un mur d'investissements, et le secteur doit se concentrer pour y faire face. L'Allemagne passe de quatre à trois opérateurs, alors que nous avons fait le chemin inverse. Ça devrait faire réfléchir. »

Vous pestez contre les géants américains comme Apple et Google. Que réclamez-vous à Bruxelles?

« Avec mes homologues européens, on ne demande qu'une chose: une concurrence équitable. Nous n'acceptons pas de voir peser sur nous tout un tas de contraintes, surtout fiscales, que d'autres acteurs plus puissants n'ont pas. On ne peut pas accepter qu'ils viennent faire main basse sur tout un tas de secteurs sans réagir. L'Europe n'est pas une annexe de la Silicon Valley, elle doit s'imposer. »

Depuis les attentats de janvier, quelles mesures avez-vous prises pour lutter contre le cyber terrorisme?

« L'État a voulu augmenter fortement les capacités de blocages de sites internet qui font l'apologie du terrorisme. Nous avons répondu à cette demande, en multipliant notre capacité d'intervention par dix. »

Votre mise en examen dans l'affaire Tapie-Crédit Lyonnais est-elle compatible avec votre poste?

« J'ai toujours dit que je contestais cette mise en examen. C'est une épreuve, mais ça ne m'empêche pas de diriger Orange. L'année dernière, j'ai été renouvelé dans mes fonctions avec une très large majorité. Ce qui me permet de redoubler d'énergie, c'est que cette affaire n'a strictement rien à voir avec Orange. Je le vis comme une scorie du passé, et je n'y pense pas tous les matins en me rasant. D'ailleurs, je ne me rase pas, ça me fait gagner du temps! »

bio express

> Stéphane Richard naît le 24 août 1961 à Bordeaux. Son grand-père était berger dans les Cévennes, son père ingénieur des Mines.
> En 1982, il obtient son diplôme d'HEC avant d'intégrer l'ENA, d'où il sort inspecteur des finances en 1987.
> En 1991, il entre au cabinet de Dominique Strauss-Kahn, ministre délégué à l'Industrie.
> Il crée Nexity en 1995, avant de devenir numéro quatre de Veolia de 2003 à 2007.
> En 2007, il devient le directeur de cabinet du ministre des Finances Jean-Louis Borloo, puis de Christine Lagarde.
> En 2009, il entre chez Orange (ex-France Télécom).
> En 2011, il devient le PDG d'Orange. Sa fortune est alors estimée à 35 millions d'euros.http://www.centre-presse.fr/article-379942-stephane-richard-on-est-a-l-aube-d-une-deferlante-d-objets-connectes.html

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