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Retraites complémentaires : le Medef fait hurler les syndicats

Publié par loulou sur 28 Mai 2015, 09:57am

Catégories : #retraites

Retraites complémentaires : le Medef fait hurler les syndicats

DÉCRYPTAGE

En proposant une abattement de 40% des pensions servies par l'Arrco et l'Agirc, le patronat s'assure un refus des syndicats. A dessein ?

A quoi joue le Medef ? Dans le cadre de la négociation sur les retraites complémentaires − dont une des séances se déroule ce mercredi après-midi − l’organisation patronale avance, comme pistes d’économies, des mesures si drastiques qu’elles chambouleraient l’ensemble du système des retraites. Posture politique pour faire avancer d’autres dossiers en parallèle ? Volonté de tordre le bras au régime général, régi, lui par la loi ? Ou sincère volonté de remettre le système à flot ? L’issue des négociations, le 22 juin, le dira. En attendant, la méthode Gattaz, qui pousse à placer la barre très haut, révulse les plus conciliants des syndicats. Un jusqu’au-boutisme qui pourrait aboutir, comme pour le dialogue social, à l’échec des négos. Décryptage.

Les retraites complémentaires, à la différence du régime «de base» qui dépend du législateur, sont gérées uniquement par les syndicats et le patronat. Régulièrement, les partenaires sociaux se retrouvent donc pour en faire évoluer les paramètres en fonction de la conjoncture économique et de la démographie. Ils pilotent ainsi les deux grands systèmes : l’Arrco, pour l’ensemble des salariés, et l’Agirc, pour les seuls cadres. Problème : ces deux régimes seront financièrement à sec, d’ici 2027 pour le premier, 2018 pour le second. Or, ces régimes sont précieux pour les retraités puisqu’ils représentent entre un tiers (pour les salariés) et la moitié (pour les cadres) de l’ensemble de leur pension.

Afin de réaliser des économies, le Medef suggère ni plus ni moins de sabrer dans les montants versés par les caisses. Et pas qu’un peu. Les salariés souhaitant liquider leurs droits à 62 ans (âge légal de départ) verraient ainsi leur retraite complémentaire amputée de 40%… Pour ceux partant à 63 ans, 30%, et à 64 ans, 18%. C’est à partir de 65 ans seulement que la décote descendrait à 2%, puis à 1% à 66 ans, avant de s’annuler complètement à 67 ans. Pour un salarié non-cadre prenant sa retraite à 62 ans, la pension totale (base et complémentaire) serait ainsi réduite de 12%, et de 20% pour un cadre.

Depuis la réforme Sarkozy de 2010, l’âge légal de départ à la retraite a été repoussé à 62 ans. C’est l’âge à partir duquel un salarié qui a toutes ses annuités peut bénéficier d’une retraite «de base» à taux plein. Pension de base à laquelle s’ajoute la retraite complémentaire, dont les régimes, jusqu’ici, s’adaptaient au régime général, que l’âge légal baisse (de 65 à 60 ans en 1983) ou augmente (de 60 à 62 ans en 2010). Désormais, le Medef semble tout faire pour que ce soit, de fait, le régime général qui s’adapte aux complémentaires. Ou du moins ses bénéficiaires. Car pour éviter une décote plus que dissuasive, le salarié serait obligé d’attendre l’âge de 65 ans pour partir à la retraite. Bref, ce que le Medef n’a pas obtenu par la loi pour le régime général − un nouveau report de l’âge de départ −, il l’obtiendrait via les régimes complémentaires.

Pour les trois syndicats qui ont signé le dernier accord sur les complémentaires, les propositions patronales sont inacceptables. «Le Medef refuse toute hausse des cotisations et fait peser l’ensemble des efforts de redressement sur les salariés, ce n’est pas possible, explique le négociateur de Force Ouvrière, Philippe Pihet. Comme le gouvernement a tendance à céder à toutes ses demandes, comme dernièrement avec le compte pénibilité, il pense qu’ils peuvent tout se permettre». Pour Jean-Louis Malys, de la CFDT, «le Medef adopte une attitude politique, en instrumentalisant cette négociation». Car Gattaz sait que «s’il n’y a pas d’accord, il refile le bébé au gouvernement. Or le déficit des complémentaires entre en compte dans le déficit de Maastricht…». Et de s’interroger sur l’attitude du Medef qui, depuis le début de la négociation, a fait monter les enchères au lieu de tenter de se rapprocher des positions des syndicats potentiellement signataires. «Au début, le Medef exigeait 20% de décote, maintenant c’est 40% !», s’étrangle ainsi Jean-Louis Malys. Même refus pour le troisième syndicat : «Le texte patronal ayant été largement aggravé, [la CFTC] rejette, à ce stade, l’intégralité de cet avant-projet», a réagi la confédération chrétienne dans un communiqué.

Certains syndicats étaient prêts à discuter d’une éventuelle décote de 5 à 10% des pensions. Elles proposent également une hausse des cotisations, notamment Force ouvrière, voire une nouvelle sous-indexation des montants de retraites par rapport à l’inflation. Autant de pistes que le Medef juge soit insuffisantes, soit inacceptables (hausse des cotisations), considérant que les entreprises ne peuvent plus supporter de hausse des prélèvements obligatoires.

Luc PEILLON

http://www.liberation.fr/economie/2015/05/27/retraites-complementaires-le-medef-fait-hurler-les-syndicats_1317596

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