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Les postiers du 18e arrt de Paris contre un service public à deux vitesses

Publié par loulou sur 17 Juin 2015, 10:06am

Catégories : #Poste

Les postiers du 18e arrt de Paris contre un service public à deux vitesses

Une partie des agents de l’arrondissement sont en grève contre la transformation de leurs bureaux de poste en agences commerciales, entraînant une perte d’accessibilité pour les populations les plus modestes.

Debout sur les marches de la mairie du 18 ème arrondissement de Paris, place Jules Joffrin, le postier Olivier Besancenot énonce les bureaux de poste en grève. « 100 % du personnel à Bichat, 100% à Château Rouge, 80 % à la Chapelle, à Marx Dormoy, rue Vauvenargues… » Si la mobilisation à l’appel de la CGT et de Sud prend une ampleur inédite dans ces quartiers populaires de la capitale, c’est que l’offre de service public postal de proximité se délite. A Bichat et à Château Rouge, trois et cinq emplois seront respectivement supprimés dans ces bureaux transformés au passage en Espaces service client intégral (ESCI), c'est-à-dire en agences commerciales. Le nombre de guichets sera réduit et les usagers, poussés à utiliser des automates pour le courrier comme pour les opérations bancaires. Cette mutation permet à La Poste de supprimer des emplois, plus de 80 000 sont déjà prévues d’ici 2020. Elle vise aussi à sélectionner les utilisateurs des bureaux. Comme l’explique Guillaume Blanchard, de la fédération Sud-PTT, ce qui importe pour l’entreprise, « c’est l’attractivité du réseau. Seules les personnes avec des « patrimoines » seront accueillies par un agent. La Poste essaie de se rapprocher des professions libérales, des entreprises… Pour l’enseigne, les gens qui viennent retirer 20-30 euros par jour ne doivent plus occuper le temps des guichetiers. Les bureaux ne joueront plus leur rôle social.»

Les bureaux sont divisés en trois catégories à La Poste : les « patrimoniaux », les plus rentables, les « professionnels » et enfin, ceux qui reçoivent les publics « fragiles », loin d’être la priorité du groupe… Derrière leur côté design, ces ESCI scellent donc la volonté d’écarter les populations les plus pauvres.

Pourtant, ce passage en agence commerciale n’a pas toujours été couronné de succès. « Il y a un an, à Marx Dormoy, le changement s’est soldé par une catastrophe, explique Olivier Gault, délégué CGT sur les bureaux parisiens, un seul guichet est resté ouvert au lieu de deux. Comme les gens ne savent pas forcement se servir d’une carte de retrait pour les automates, oublient leur code, il y a quand même la queue au guichet. Les usagers se sont aussi reportés sur d’autres agences. »

Le besoin d’un service public à visage humain reste plus que nécessaire dans ces quartiers populaires. Comme l’explique Olivier Besancenot, guichetier dans le bureau de Bichat et syndicaliste Sud-PTT. « Les gens viennent du 18 ème et de Saint-Ouen parce qu’il y a un service spécifique, les Points information médiation multiservices « Pimms » (NDLR : un dispositif pour une meilleure prise en compte des populations vulnérables). Des personnes jouent un peu le rôle d’assistante sociale, aident les usagers dans leurs démarches. Ce service est en partenariat avec la mairie, elle ne peut pas ignorer ce qui se passe. » Pour le leader du NPA, qui risque aussi de perdre son poste dans cette histoire, « La Poste doit au contraire recruter. »

Cette transformation de leur bureau, les agents ne veulent même pas en entendre parler. Avec cette restructuration, à Bichat, ils seraient amenés à tourner sur trois agences différentes. Pour Nathalie (1), guichetière, en grève pour la première fois de sa carrière, « tous les matins, avant l’ouverture à 8 heures, il y a déjà du monde pour retirer de l’argent ou payer les factures. En temps normal, deux guichets sur quatre sont ouverts. Et ce n’est pas assez... »

A 17 heures hier, un rassemblement avec des élus, notamment Ian Brossat, adjoint PCF à la maire de Paris et conseiller du 18 ème, des postiers et une vingtaine d’usagers s’est tenu devant la mairie juste avant le conseil d’arrondissement. Le groupe communiste y a déposé un vœu pour le maintien du service public postal dans le 18 ème. En attendant, la lutte continue ce mardi. Pour Nicolas Bonnet-Ouladj, président des élus communistes au Conseil de Paris et de la commission de présence postale départementale, « il ne peut pas y avoir une poste à deux vitesses, qui s’adapte en fonction des territoires et des personnes »

http://www.humanite.fr/les-postiers-du-18e-arrt-de-paris-contre-un-service-public-deux-vitesses-576979

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