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"Nous développerons un vélo spécifique pour La Poste", explique l'inventeur du premier vélo à hydrogène produit en série

Publié par loulou sur 12 Octobre 2015, 10:14am

Catégories : #Poste

"Nous développerons un vélo spécifique pour La Poste", explique l'inventeur du premier vélo à hydrogène produit en série

Pierre Forté, fondateur de Pragma Industries, vient de présenter au salon des systèmes de transport intelligent de Bordeaux son vélo Alpha. C'est le premier vélo électrique équipé d'une pile à combustible à être produit en série dans le monde. Le projet intéresse. Pour preuve, Pragma Industries a d'ores et déjà décroché un partenariat avec La Poste pour tester le vélo pendant trois ans dans l'optique d'un remplacement de sa flotte de vélo électrique.

L'Usine Nouvelle : Combien de temps vous a pris le développement de l’Alpha, votre vélo électrique équipé d’une pile à hydrogène ?
Pierre Forté : Le développement a été assez court, il a duré environ trois mois. C’est rapide mais cela vient après deux ans de travaux sur des preuves de concept, des projets qui font office de démonstrateurs technologiques. L’Alter Bike en faisait partie, l’objectif était de fabriquer un vélo qui fonctionne grâce à une pile à hydrogène. Pour l’Alpha, nous avons travaillé avec un jeune designer et un cahier des charges clairement défini. Il fallait que les composant soit intégrer directement dans le cadre, que les contraintes de productions soient réduites et que le montage puissent s’adapter facilement à une production en série. Car c’est ce qui fait de l’Alpha une première mondiale. C’est le premier vélo à hydrogène à être fabriqué en série.

Comment fonctionne cette pile à hydrogène ?

Afin de produire de l’électricité, nous utilisons la réaction entre l’hydrogène et l’oxygène. L’oxygène est présent dans l’air et le vélo est équipé d’une bouteille d’hydrogène sous pression. La réaction va produire de l’électricité et rejeter de l’eau.

Quels sont les avantages de l’Alpha par rapport à un vélo électrique classique ?
En une seule recharge, l’Alpha peut parcourir 100 kilomètres. C’est une autonomie deux à trois fois supérieure à une batterie classique. Le temps de recharge est également plus rapide. Face aux trois à quatre heures de recharge d’une batterie lithium, il faut compter moins d’une minute pour recharger un vélo à hydrogène. L’Alpha dispose aussi d’un avantage dans la précision de la batterie restante. La bouteille d’hydrogène étant sous pression, il est très facile de savoir la quantité présente dans la bouteille. Avec une moyenne de consommation, nous pouvons donc afficher l’autonomie restante au kilomètre près.

Vous avez présenté l’Alpha à Bordeaux, lors du salon ITS, comment le public a-t-il réagi ?
L’Alpha a été très bien accueilli. Les gens font la queue pour l’essayer. Ils se rendent compte de l’apport de l’assistance électrique et sont d’autant plus contents quand on leur explique les avantages qu’apporte la pile à hydrogène. Le public a également été sensible à la faible empreinte énergétique de l’objet. Le cadre est construit à partir de matériaux recyclables. Les bouteilles d’hydrogène sont, elles aussi recyclables à 98% et peuvent être utilisées pendant 15 ans.

Vous visez quel type de public justement ?
Nous avons présenté l’Alpha à des collectivités durant sa conception, elles ont été nombreuses à s’intéresser au projet. L’écho a été d’autant plus fort dans les services de livraison. Mais aujourd’hui, 90% du marché du vélo électrique se fait avec des particuliers.

Vous avez néanmoins conclu un partenariat avec La Poste...
La Poste est le groupe qui possède la plus grande flotte de véhicules électriques au monde avec notamment 18 000 vélos à assistance électrique. L’Alpha pourrait résoudre de nombreux problèmes auxquels la société est confrontée à cause de ces vélos électriques actuels. En premier lieu l’autonomie, les postiers utilisent deux batteries par tournée, et même trois sur certain trajet. C’est une perte de temps et de rentabilité conséquente. Nous sommes en ce moment en train de développer un vélo spécifique à La Poste. Une dizaine de vélo seront testés pendant trois ans autour de Bayonne dans la région Aquitaine.

Vous pensez que l’Alpha pourrait devenir le nouveau Vélib’ ?
Les sociétés de VLS, le vélo en libre-service, sont intéressées par le système. Le seul problème reste l’obligation d’avoir un maillage du réseau de borne de recharge, ce qui n’est pas facile à mettre en place.

Vous avez déjà des projets d’amélioration de l’Alpha ?
Nous travaillons sur trois points. Le premier concerne les stations de recharge. Nous travaillons en partenariat avec Atawey, une société qui conçoit les bornes de production d’hydrogène. Nous aimerions que chaque utilisateur puisse avoir accès à un point de recharge dans un rayon de 500 mètres autour de son domicile. Nous devons donc réduire la taille des bornes, qui sont équivalentes à un gros réfrigérateur pour le moment, et les installer dans les centres commerciaux et les collectivités locales.

Le deuxième point s’attache à un côté pratique. Aujourd’hui, vous devez emmener votre vélo pour le recharger. Nous voulons rendre le réservoir d’hydrogène extractible. Cela permettra aux utilisateurs d’avoir plusieurs bouteilles chez eux et de les remplacer. Pour une personne faisant 10 kilomètres par jour, il lui suffirait d’avoir trois bouteilles d’hydrogène pour utiliser son vélo pendant un mois.

Le troisième point est plus lointain. Nous voudrions changer la méthode de fonctionnement de la réserve d’hydrogène. En renversant une poudre dans de l’eau, de l’hydrogène serait produit et pourrait ainsi alimenté la pile à hydrogène avec la même réaction qu’habituellement. Les utilisateurs pourraient commander leurs sachets de poudre sur internet et être livrés à leur domicile. Les personnes isolées pourraient ainsi bénéficier de l’Alpha.

Toyota a présenté une voiture à hydrogène, vous pensez à aller vers d’autre domaine que le vélo ?
Pragma Industries est avant tout une société de pile à combustion. L’Alpha est une application de nos connaissances. Lorsque nous avons lancé l’entreprise, nous nous sommes tout de suite positionnés sur les petites piles à combustion. C’est une question de coûts avant tout. Nous avons eu une approche pragmatique du marché, d’où le nom de la firme. Toyota fabrique ses propres piles à hydrogène. Ils ont débuté en les achetant à l’extérieur mais désormais, les constructeurs ont intégré cette compétence. Les sociétés qui leur fournissaient sont aujourd’hui sans client. Le marché décolle plus vite sur les petites piles. De plus, les fabricants de vélo ne sont pas intéressés par cette technologie qui est trop éloignée de leur compétence.

Quand seront disponibles les premiers Alpha ?

Les premiers modèles sont attendus pour septembre 2016. Il y en aura une centaine vendu aux alentours de 4 000 euros, soit dans la moyenne des vélos électriques haut de gamme. Nous ne pensons pas avoir de mal à les vendre au vu des nombreux intérêts recueillis lors de la présentation du vélo. En 2017, nous produirons un millier d’Alpha, ce qui permettra de faire baisser son prix et de le rendre accessible au plus grand nombre. D’ici quelques années, nous espérons le vendre dans une fourchette située entre 1 200 et 3 000 euros. Cela ferait de l’Alpha un concurrent des vélos électriques de moyenne gamme.

http://www.usinenouvelle.com/article/nous-developperons-un-velo-specifique-pour-la-poste-explique-l-inventeur-du-premier-velo-a-hydrogene-produit-en-serie.N355943

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