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Évreux : en sous-effectif, les postiers ont du mal à assurer la distribution du courrier

Publié par loulou sur 6 Avril 2016, 12:57pm

Catégories : #Poste

Évreux : en sous-effectif, les postiers ont du mal à assurer la distribution du courrier

Grogne. En sous-effectif permanent, les facteurs n’arrivent pas à assurer chaque jour la distribution du courrier pénalisant ainsi les usagers. Les agents réclament le pourvoi immédiat des postes vacants.

Arrêts maladie non remplacés, postes existants mais non pourvus, distribution de courrier partiellement effectuée voire pas du tout... Rien ne va plus à la Poste d’Évreux. Les agents craquent et les usagers râlent. À tel point que la Fédération CGT des Activités postales et des télécommunications (CGT-FAPT27), syndicat majoritaire sur la plateforme courrier d’Évreux, avait déposé, en marge de la grande manifestation de jeudi 31 mars contre le projet de loi El Khomri visant à réformer le code du travail, un préavis de grève spécifique au site ébroïcien.

LES POSTIERS DANS LA RUE

Les postiers dénoncent un « sous-emploi permanent ». La plateforme courrier se compose des unités de distribution des rues Saint-Thomas et Lavoisier à Évreux, qui comptent à elles deux 168 agents dont 28 à Saint-Thomas, ainsi que des sites de Saint-André-de-l’Eure et de Nonancourt. Au total, 11 vacances d’emplois pérennes sont dénombrées, compte Arnaud Labbey. « Cela correspond à des postes existants mais qui, à la suite de mutations géographiques ou de départs en retraite, n’ont pas été remplacés », explique le syndicaliste qui dénonce une « gestion à flux tendu ».

Les postiers sont les premiers à pâtir de cette situation. Selon Arnaud Labbey, la surcharge de travail occasionnée par ces vacances génère des « absences inopinées pour maladie ». Sur le site de la rue Saint-Thomas, en centre-ville, il y aurait ainsi trois à quatre personnes en arrêt en plus des trois postes non pourvus. « Un cadre des ressources humaines est en maladie de longue durée mais pas remplacé. Les plannings de cet été n’ont pas encore été validés. Les agents ne savent pas quand ils pourront partir en vacances. »

Conséquence de ces absences : des tournées qui ne sont pas faites ou alors partiellement lorsqu’elles sont réparties entre les acteurs. « Cela génère des parcours plus longs, des dépassements d’horaires quotidiens. Les usagers sont pénalisés. Certains plus que d’autres. Le courrier n’étant distribué que tous les deux ou trois jours. »

Fin janvier, des habitants du quartier de Nétreville et plus particulièrement des rues du Fer-à-Cheval et Jean-Bart, constataient déjà une distribution plus qu’aléatoire, comme Paris-Normandie en avait fait écho à l’époque. « Les facteurs le vivent mal car ils sont les premiers à se prendre des réflexions des clients ! »

Des renforts sont « fortement utilisés », qu’il s’agisse de CDD ou d’intérimaires, précise Arnaud Labbey. Mais ils ne sont pas opérationnels rapidement. « Une tournée ne s’apprend pas en deux jours ! Nous préconisons le retour des « volants de remplacement » pour pallier les vacances et les maladies », revendique Arnaud Labbey. Les postiers réclament par ailleurs le pourvoi « immédiat » des postes vacants ainsi qu’une « reconnaissance pécuniaire ou verbale » du travail effectué. Selon le syndicaliste, les heures supplémentaires « ont du mal » à être payées. Il s’agace également en évoquant ce qu’il qualifie de « prime insultante » versée aux agents. « À Saint-Thomas, les postiers peuvent prétendre à une prime maximale de 450 €. Ils ont touché 37,50 € ! La direction leur reproche de ne pas avoir vendu assez de timbres mais ils n’en ont pas le temps vu qu’ils font une tournée et demie par jour. »

À cela, la direction de La Poste répond que « comme dans toute entreprise, les postiers ont des objectifs avec des indicateurs à atteindre. Il s’agit d’une question à évoquer en interne dans le cadre du dialogue social. »

Les agents d’Évreux ont prévu de se rallier à la prochaine manifestation contre le projet de réforme du code du Travail, samedi 9 avril. Lors de la mobilisation du 31 mars, 40 facteurs ébroïciens étaient en grève. À Saint-Thomas, 100 % des titulaires avaient suivi le mouvement.

C. R.

« Situation sanitaire exceptionnelle »

Dans un e-mail adressé à notre rédaction par son service communication, la direction locale de La Poste s’explique.

« Concernant les vacances d’emplois, la direction locale assure que deux facteurs sont en cours de recrutement au sein du centre courrier et que des CDD sont positionnés. Néanmoins, le centre a dû faire face à une situation sanitaire dégradée depuis début mars et donc à des absences inopinées, non prévisibles. Ces absences inopinées génèrent des dysfonctionnements puisqu’elles ne peuvent être anticipées dans l’organisation », précise le communiqué.

Et de poursuivre : « Les arrêts maladie sont compensés par des CDD uniquement si le délai de formation et d’adaptation de l’agent peut être respecté (environ trois semaines). Les arrêts de moins d’une semaine ne sont effectivement pas remplacés car il est très difficile de trouver des candidats qui acceptent de travailler seulement quelques jours et qui plus est, avec peu de formation, la qualité de service ne serait pas garantie. »

« La formation est essentielle »

Le communiqué explique ensuite que « la formation est essentielle même pour des contrats à durée déterminée car le métier de la distribution est un métier spécifique, surtout en zone rurale où l’adressage des communes n’est pas complet. La Poste s’appuie donc sur son organisation et met en place le découpage des tournées. L’établissement mobilise ses équipes et espère un retour rapide à la normal face à une situation sanitaire exceptionnelle. » Sur les 11 postes inoccupés, neuf sont comblés par des CDD, précise La Poste.

Les tournées les plus fragilisées ne sont pas les mêmes tous les jours. « Une tournée qui n’a pas pu être assurée un jour est obligatoirement distribuée le lendemain. »

Faut-il s’attendre, de manière pérenne, à ne plus avoir de distribution quotidienne ? « Au niveau national, la mission de service public de distribution du courrier six jours sur sept est régie par la loi. Il est donc question de législation et non d’un choix d’entreprise. En local, tout est mis en œuvre au quotidien pour garantir la qualité de service six jours sur sept. La situation de l’établissement courrier d’Évreux est ponctuelle. »

http://www.paris-normandie.fr/detail_communes/articles/5457624/evreux--en-sous-effectif-les-postiers-ont-du-mal-a-assurer-la-distribution-du-courrier#.VwTrsvmLTIU

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