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Orange Bouygues : il y avait trop de friture sur la ligne

Publié par loulou sur 2 Avril 2016, 00:02am

Catégories : #Bouygues

Orange Bouygues : il y avait trop de friture sur la ligne

Free, SFR et Orange ne se partageront pas Bouygues Telecom. Voici l'histoire secrète d'une love story de plus de 3 mois qui a mal tourné.

Fin du suspens. Après trois mois de négociations et une entrevue de la dernière chance cet après-midi entre Martin Bouygues et Stéphane Richard, les conseils d'administration de Bouygues et d'Orange, qui se sont tenus vendredi en fin de journée, ont acté la fin des négociations. Orange ne rachètera pas Bouygues. En tout cas, pas maintenant... Pourtant, il y a encore quinze jours, Stéphane Richard, le Pdg d'Orange, dont l'Etat est l'actionnaire de référence avec 23% du capital, affirmait que les négociations étaient « sur le point d'aboutir. » Ce deal a mobilisé pendant des semaines tout ce que l'on peut trouver de têtes bien faites dans le monde des avocats et des banquiers d'affaires parisiens. Grégoire Chertok (banque Rothschild) et Jean-Michel Darrois (cabinet Darrois Villey Maillot Brochier) pour Bouygues, les banquiers Jean-Marie Messier et Erik Maris pour Orange. Ils ont travaillé des jours, des nuits et des week-end, notamment celui de Pâques, mais les vues étaient trop inconciliables.

Tout avait démarré par une dépêche de Bloomberg du 7 décembre 2015, révélant qu'Orange avait démarré des discussions en vue de racheter Bouygues Télécom. Le 5 janvier dernier, les deux entreprises confirmaient l'information. L'architecture de cette opération, qui aurait fait passer de 4 à 3 le nombre d'opérateurs en France, était, par nature et d'emblée, très complexe. D'abord pour des questions de concurrence. Orange, premier opérateur de télécoms français, ne pouvait pas racheter purement et simplement les actifs de Bouygues Télécom. Pour éviter l'abus de position dominante et passer le test de l'Autorité de la concurrence, il a donc fallu prévoir un schéma de cession des actifs de Bouygues Télécom aux deux autres acteurs du secteur, Free et SFR. Un grand meccano des télécoms était donc au programme. Antennes, fréquences boutiques seraient tombés dans l'escarcelle de Free, abonnés au fixe et au mobile dans celle de SFR, etc. Mais il semble que, même si elles étaient éminemment compliquées, ces questions étaient en voie d'être réglées…

Martin Bouygues trop gourmand ?

En réalité, ce qui semble avoir fait « capoter » le deal, c'est bien le prix et le poids de Bouygues dans l'opérateur historique post-rachat. Martin Bouygues n'est pas homme à céder facilement et… le ministre de l'Economie Emmanuel Macron non plus. Martin Bouygues était fixé sur un prix de 10 milliards d'euros, ce qui semblait trop cher à Emmanuel Macron. L'opération aurait été réglée en cash et Bouygues avait prévu d'utiliser la somme pour souscrire à une augmentation de capital d'Orange qui lui aurait été réservée. (Ce qui permettait au passage à Martin Bouygues, qui a démarré la Success story Bouygues Telecom en 1994, de rester dans un secteur qu'il affectionne particulièrement.) Mais Macron avait conditionné l'entrée de Bouygues au capital d'Orange à un prix plancher de 18,5 euros par action (qui ne cotait qu'autour de 15 euros vendredi). En renchérissant ainsi le prix de l'action Orange, cela réduisait automatiquement la valeur de Bouygues et donc son poids futur dans le nouvel Orange… Et ce n'est pas tout… Cette participation de Bouygues dans Orange devait être assortie d'une clause contraignant Martin Bouygues à ne pas monter au capital de l'opérateur historique pendant sept ans et à renoncer aux droits de vote doubles pendant dix ans. Au final, Martin Bouygues a jugé ces conditions inacceptables et a préféré tourner les talons…

Après la guerre entre Martin Bouygues et Patrick Drahi (Altice) autour du rachat de SFR en 2014, la proposition du même Patrick Drahi de racheter Bouygues Telecom pour dix milliards d'euros en juin 2015 rejetée par Martin Bouygues, l'échec de ce deal aujourd'hui vient enrichir le déjà prolifique Soap Opera des télécoms français…. Suite au prochain numéro.http://www.lepoint.fr/economie/orange-bouygues-il-y-avait-trop-de-friture-sur-la-ligne-01-04-2016-2029429_28.php

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