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Arrageois : une factrice témoigne de son quotidien depuis la nouvelle organisation

Publié par loulou sur 25 Juillet 2016, 09:30am

Catégories : #souffrance au travail

Arrageois : une factrice témoigne de son quotidien depuis la nouvelle organisation

Alors que la direction de la branche services courrier colis du Pas-de-Calais annonçait jeudi un retour, « sur l’ensemble de l’Arrageois », à « une distribution quasi-normale » des lettres et des colis, sur le terrain on n’est pas du même avis. Témoignage alarmant d’une factrice en arrêt maladie depuis trois jours.

Elle reste anonyme, mais tenait à venir à notre rencontre. Elle fait partie des sept facteurs du bureau de la rue des Hochettes. Avec la mise en place de la nouvelle plate-forme (ultra-moderne) de distribution du courrier, le 21 juin, sur la zone Actiparc de Saint-Laurent-Blangy, deux autres sites de ce type (boulevard Schuman et route de Cambrai) ont été ouverts pour remplacer l’ancien point de distribution de la rue Gambetta. Objectif de la direction : plus de proximité avec le terrain et les zones de distribution.

« Les insultes et reproches à répétition, ça devient invivable »

Résultat : rue des Hochettes, ils sont (déjà) deux sur sept en arrêt maladie. Notre interlocutrice est sous antidépresseurs. « Surmenage. » Elle est factrice depuis une quinzaine d’années et n’avait encore jamais été dans un tel état. « Trop de travail, des tournées trop longues, trop de pression... » Les heures supplémentaires... Compliqué : « On est crevés. On travaille six jours sur sept, en terminant à 16 heures ! »

Comme tous les autres facteurs de l’Arrageois, elle n’a récupéré qu’une petite partie de son ancienne tournée. Nouvelles rues, nouveaux clients... Qui se défoulent volontiers sur elle. « Les insultes et reproches à répétition, ça devient invivable. » Surtout lorsque vient s’ajouter, à la distribution de courrier à laquelle les facteurs devraient normalement se cantonner, du tri, du tri et encore du tri. Sans avoir le matériel adéquat.

« Les vélos tremblent sous le poids »

Alors méthodes archaïques : « Chaque jour, on récupère du courrier en retard. On doit tout retrier. On le fait par terre. Pas assez de place sur les tables. Sur nos vélos, on nous a rajouté ces énormes sacoches à l’arrière, en plus des autres. Quand les vélos sont chargés, ils tremblent sous le poids. Une intérimaire est tombée. Elle n’était pas formée, le vélo était trop lourd. » La factrice ne sait plus quelle image la Poste renvoie auprès de ses clients. « Quand on arrive à la tour Verlaine, on refait un tri à même le sol. Les habitants n’en reviennent pas. »

Rue des Hochettes non plus, d’ailleurs. « Les riverains se plaignent. » Devant le local, les camions de livraison se garent sur les places de stationnement ou sur la piste cyclable. Les facteurs, eux, investissent le trottoir pour charger les vélos. La police municipale s’en serait déjà mêlée.

À la demande de l’équipe, l’inspection du Travail s’est rendue sur place, pour «constater aussi que les locaux ne sont pas aux normes. Toilettes hommes/femmes communes, pas d’espace pour déjeuner alors qu’on nous oblige désormais à prendre une pause de 40 minutes, non rémunérée. »

À Actiparc, une situation tout aussi alarmante selon SUD PTT

Mickaël Dubois et Pascal Looten, secrétaires départementaux de SUD PTT 62, évoquent une situation pas moins difficile pour les agents travaillant au sein de la plate-forme d’Actiparc.

- « On nous a parlé d’au moins cinq arrêts maladie au sein de la plate-forme. »

- « Les agents ne peuvent pas fréquenter les mêmes locaux que les cadres. »

- « Pour désengorger les stocks un peu plus vite, des avis de passage sont remplis à l’avance à la plate-forme et glissés d’office dans les boîtes aux lettres. Les facteurs n’ont pas les colis et recommandés avec eux, ils sont déposés dans les bureaux de Poste, les gens doivent se déplacer. »

- « Des clients excédés ont bloqué les accès à la plate-forme pour ne pas que les camions puissent sortir. Les gendarmes ont été appelés. » Ils n’auraient finalement eu à intervenir.

http://www.lavoixdunord.fr/region/arrageois-une-factrice-temoigne-de-son-quotidien-depuis-ia29b6340n3647580

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