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FACTEUR À LA POSTE DE BESANÇON : « MA DESCENTE AUX ENFERS ! »

Publié par loulou sur 6 Octobre 2016, 14:09pm

Catégories : #souffrance au travail

FACTEUR À LA POSTE DE BESANÇON : « MA DESCENTE AUX ENFERS ! »

La Poste de Besançon est mise en examen pour travail dissimulé. Jean-Christophe Polien, facteur depuis cinq mois, dénonce les conditions de travail, les tournées à rallonge et les heures supplémentaires non payées

Besançon. Ce n’est pas un fainéant, J.-C. Il a toujours travaillé. Trouvé d’autres jobs quand sa carrière de photographe n’était pas au beau fixe, coulé des dalles de béton, bossé dans la menuiserie et même dans l’administration. Bref, se cracher dans les mains ne lui fait pas peur. « En plus j’ai de la chance, comparé à d’autres, du travail j’en trouve. »

Alors, ce CDD renouvelable de facteur, décroché pour un an en mai dernier, ça lui est apparu comme un cadeau. « Des horaires réguliers de 6 h à 13 h, ça me laissait du temps pour finaliser mes projets photographiques. Après 25 ans à Paris, je venais de rentrer à Besançon pour retrouver l’amour de ma jeunesse… »

Six mois plus tard, Jean-Christophe Polien évoque une « descente aux enfers ».

La première quinzaine, en doublure, « s’est plutôt bien passée. Puis, on te lâche en solo. Tu rames un peu. Au début c’est normal. En tant que facteur roulant, je devais être formé sur trois ou quatre des douze tournées de mon groupe, entre Planoise et Saint-Claude. J’en ai bientôt eu neuf au compteur. »

Six jours de boulot par semaine, un week-end de trois jours toutes les six semaines. « Le problème c’est que tu changes tout le temps de tournée. Alors, tu ne t’en sors pas. Tu ne rentres jamais à 13 h, plutôt à 14 h, 15 h, voire 16 h… J’ai décidé de venir au boulot une demi-heure plus tôt pour prendre de l’avance et je me suis aperçu que les collègues étaient déjà là depuis une heure, eux. »Tout le monde est à la même enseigne.

Plus le volume de courriers baisse, plus les tournées s’allongent. « Tout le monde fait au moins une heure de plus, jamais déclarée ni payée. Pour moi, c’est du travail dissimulé mais les mecs sont fatalistes. Tout le monde grogne mais s’accroche à son boulot. Il y a de vraies détresses… »

Dont celle de Jean-Christophe qui a craqué la semaine dernière. « Pourtant, au boulot, je ne m’écoute pas. Je m’accroche jusqu’au bout. Mais là, tu accumules une vraie fatigue physique. J’ai perdu 8 kilos. Et mieux vaut tourner à vélo parce qu’en voiture, à force de descendre et remonter, tu te casses le dos. » Cette fatigue, qu’un seul jour de repos ne permet pas d’évacuer, joue aussi sur la vie privée. « Le dimanche, t’es plus là pour ceux que tu aimes, tu roupilles. Tu délaisses ce que tu aimais faire. Et ça tout le monde s’en fout. »

Au boulot, il existe nanmoins une véritable « solidarité entre postiers. Pas question de rentrer sans avoir terminé et de laisser du rab de courrier à celui qui te remplacera peut-être le lendemain. Et le moindre incident, le moindre retard, le mec qui traîne pour venir signer son recommandé, l’absence de vélo ou la voiture qui n’a pas d’essence et dont tu dois faire le plein à l’autre bout de la ville, te mets dans un stress épouvantable. J’ai touché une première fois le fond. La tournée était tellement longue et la bagnole chargée jusqu’à la gueule de colis. Je me suis mis à pleurer. Un collègue, qui passait par là, m’a soulagé d’une partie de mes paquets. La deuxième fois, en triant mon casier, j’ai dû m’asseoir pour ne pas tomber. La chef m’a fait signer vite fait une demande de congés. C’est là que j’ai appris que j’avais droit à cinq semaines et je me suis rendu compte que je ne savais même pas à quoi j’avais droit dans cet emploi. »

http://www.estrepublicain.fr/edition-de-besancon/2016/10/05/facteur-a-la-poste-de-besancon-ma-descente-aux-enfers

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