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Le blog de cgt-fapt-37.

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Le blog d'infos de la CGT FAPT 37


Marseille : les postiers souffrent, les usagers virent timbrés

Publié par loulou sur 28 Novembre 2016, 09:26am

Catégories : #rassemblement

La CGT activités postales, Fapt et Union départementale, accompagnées de militants du PCF, sont allées hier à la rencontre des usagers devant le bureau du boulevard National à Marseille. Photo M.G. L'utilisation de l'article, la reproduction, la diffusion est interdite - LMRS - (c) Copyright Journal La MarseillaiseConfrontés à une augmentation sensible des agressions, les postiers dénoncent l’orientation politique et économique prise par leur direction. La course au rendement tue le service public et généralise le malaise dans les rangs des agents.

« La Poste se fout de ses salariés. » Tract en main, livrant des informations aux usagers, désormais clients, du bureau du boulevard National, parmi les plus « sensibles » de Marseille, Frédéric Béringuier, délégué CGT Fapt 13, ne peut être plus tranché. Un cadre de National a été agressé au cuter le 5 novembre en regagnant son véhicule, blessé à la main et au visage. « La personne avait craqué suite à la fermeture du bureau de Saint-Mauront et n’avait pas pu obtenir le service qu’il attendait ici », précise le postier.

A la Pomme il y a peu, un autre agent goûtait la même ambiance délétère. Et la semaine dernière, la liste s’est encore alourdie à la Belle de Mai avec le cas d’une guichetière brutalisée. La goutte d’eau de trop pour le syndicat qui comptabilise « au moins 60 agressions sur le seul bureau de National depuis le début de l’année ». Sur les Bouches-du-Rhône le chiffre grimpe à 300.

« Notre direction ne prend absolument pas la mesure de la gravité et de l’urgence de la situation. La violence n’est pas une fatalité et nous la refusons », estime Karim Bouzana, secrétaire général CGT Fapt 13. Car le syndicaliste considère clairement que « les choix économiques que fait La Poste accentuent les problèmes : fermetures intempestives de bureaux, diminution des amplitudes horaires, limitation des prestations réalisables, transfert chez les commerçants ou dans les mairies de certaines opérations, sous effectif chronique, manque de formation, process différents d’un bureau à l’autre... les agents ne s’y retrouvent plus, les gens pètent le câble et nous essuyons leurs foudres ».

La Poste a en effet amorcé un tournant dans son organisation depuis 2010 en greffant la question de la rentabilité au coeur de la notion de service public. L’installation d’automates, comme la baisse de charge de courrier depuis la montée en puissance d’Internet, qui ne serait « pas compensée par l’augmentation du service colis », selon la direction de la communication, justifient les suppressions de postes. Avec le Plan stratégique 2020 « ce sont entre 30 et 40 000 suppressions d’emplois », jauge Frédéric Béringuier. La Poste diversifie les activités tout en perdant du service. Les plateformes de gestion des réclamations (36-34, 36-37 ou 36-39) se multiplient.

Ouvrir des négociations

« La sécurité est une priorité absolue, défend cependant Laurent Miralès, pour la direction de la communication, 20 millions ont été investis pour que les difficultés rencontrées qui relèvent d’incompréhensions, ne virent pas en agressions. Une convention a été passée avec les forces de l’ordre pour informer et sensibiliser. Et quand cela le nécessite nous procédons à la fermeture du compte du client. » Qui pourra toujours venir chercher un recommandé.

Plutôt que fermer les comptes des clients, les personnels préféreraient que leur direction ouvre de vraies négociations. Pour Luc Girondin, secrétaire national Unsa Poste, la messe est dite : « La réorganisation est suspendue jusqu’au 14 décembre. Mais nous craignons que les négociations ne soient pas à la hauteur des attentes car la direction est dans le déni. »

Et l’annonce du ministre du point fort ne rassure ni les agents ni les usagers : la transformation de 500 bureaux de Poste en Maisons de services aux publics, sortes de boutiques de renseignements sans responsabilité réunissant CAF, CPAM et Poste, ne compensent pas les 17 000 fermetures de bureaux prévues. « Ils racontent ce qu’ils veulent mais la réalité, c’est bien celle du terrain », assène Eric Chenais pour l’UD CGT qui invite à manifester le 26 novembre à partir de 14h30 sur le Vieux Port « pour vivre et travailler dignement dans les Bouches-du-Rhône ».

Myriam Guillaume

http://www.lamarseillaise.fr/marseille/social/54557-marseille-les-postiers-souffrent-les-usagers-virent-timbres

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