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Le blog de cgt-fapt-37.

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Créonnais : La discrète fuite de La Poste

Publié par loulou sur 5 Janvier 2017, 09:52am

Catégories : #Articles de presse

Le bureau de Cambes a fermé « provisoirement » cet été. Il n’a pas rouvert depuis.  G. B.Certains maires dénoncent un désengagement insidieux, ce que dément l’entreprise.  

Au niveau de l’arrêt de bus de Baurech, ce lundi en début d’après-midi, Philippe Turbak fait du stop. « Cette année commence mal, ma voiture m’a lâché », confie-t-il dans un sourire. Comme il avait plusieurs courriers à envoyer, il a pris ce matin le bus pour Langoiran, à quatre kilomètres d’ici. « Mais La Poste est fermée le lundi matin. Et le bureau de tabac du Tourne ne vend plus de timbres. » Il a donc fait marche arrière et le revoilà, tendant le pouce pour retourner à Langoiran avant 14 heures.

 

Il y a encore six ans, l’homme aurait marché une minute jusqu’au petit bureau de poste de Baurech, installé dans un bâtiment municipal, derrière l’église. Il y a trois ans, après la fermeture de ce dernier, il se serait rendu à l’épicerie, qui avait assuré « la continuité de service ». Avant de fermer à son tour. Avant l’été, Philippe Turbak aurait parcouru les deux kilomètres qui séparent Baurech de Cambes, pour aller dans le petit bureau de poste cambais. Or celui-ci a, à son tour, fermé « provisoirement » cet été. Il n’a pas rouvert.

Voilà donc notre Baurechais contraint de rejoindre Saint-Caprais-de-Bordeaux – où les horaires d’ouverture ont été récemment réduits – ou Langoiran, récemment rénové… mais qui a perdu au passage un guichet sur les deux qu’il comptait. « Sûr qu’il y aura au moins dix personnes dans la queue », maugrée le client-usager.

1 La fréquentation, la clé

La dématérialisation est en marche. Et, logiquement, l’activité courrier de La Poste recule. « On observe au niveau national une baisse de fréquentation de l’ordre de 20 à 25 % par an, explique la direction de l’entreprise. On peut faire beaucoup d’opérations chez soi : les virements, l’envoi de courrier recommandé… » La Poste serait donc obligée de supprimer des bureaux – et surtout du personnel – pour compenser ce manque à gagner.

En Créonnais, le maillage territorial est selon La Poste « conséquent » et nécessite « une adaptation à la fréquentation de ses clients autour de pôles, comme Créon ou Saint-Caprais-de-Bordeaux ».

« La Poste pousse les gens à aller ailleurs pendant l’été. Après, ils réduisent petit à petit les horaires d’ouverture et ils décrètent que la fréquentation n’est plus à la hauteur », dénonce Bernard Lavorel, du syndicat Sud-PTT. Selon lui, les 17 000 « points de contact » que la direction s’est engagée à conserver en France correspondent à 9 000 bureaux de poste et 8 000 relais-poste commerçants ou agences communales. « À terme, il n’y aura plus que de grands secteurs avec à chaque fois un bureau-centre – sur la rive droite Floirac, Latresne, Créon par exemple.

2 « Aucun désengagement » selon La Poste

Est-ce à dire que d’autres bureaux sont voués à disparaître ? Non, assure l’entreprise. « Il n’y aura aucun désengagement, au contraire. Nous avons investi 470 000 euros dans la réfection du bureau de Langoiran. Les fermetures estivales ? « Elles correspondent à un redéploiement des personnels vers les zones du littoral pendant la période touristique. » Et l’exemple de Cambes, où l’agence n’a pas rouvert ? « Nous travaillons à un partenariat avec la mairie pour pérenniser la présence postale », assure-t-on.

3 Les maires très sollicités

« Ils m’ont demandé d’ouvrir une agence postale dans la mairie », confirme le maire de Cambes, Bernard Cuartero, qui qualifie la proposition de La Poste d’« honnête ». L’entreprise devait prendre à sa charge la moitié du salaire de l’agent municipal qui aurait été affecté aux services postaux (vente de timbres, envoi des colis voire retrait d’argent selon certains cas). « Mais je ne peux pas me permettre de laisser une personne sur ce poste alors que notre charge administrative est en augmentation… », regrette le maire qui ne charge pas pour autant La Poste : « C’est le temps qui veut ça : aujourd’hui beaucoup de monde n’utilise quasiment plus le courrier, et les personnes âgées maintenant conduisent quasiment toutes, à 70 ans et même plus, elles peuvent aller jusqu’à Saint-Caprais. »

Pas vraiment l’avis de son homologue de Baurech, Jean Merlaut, qui « a résisté pendant cinq ou six ans » avant que le bureau de son village ne ferme, en 2011. Pour lui, La Poste « s’est complètement sabordée », et pas seulement dans sa commune. « L’entreprise avait un très beau réseau. Le courrier diminue, certes, mais le développement des colis représente un marché énorme. Et cela bénéficie surtout aux transporteurs indépendants… »

4 Les commerces-relais, une solution ?

Comme à Cénac, où le café Le Liberté est devenu relais-poste, l’entreprise a proposé à quelques commerces du village de Cambes d’assurer plusieurs services contre rémunération. Mais ici, tous ont refusé. « Il faut s’engager sur trois ans pour gagner des clopinettes », explique le gérant du café du village.

Réceptionner les recommandés, peser les colis, les amener, vendre des téléphones, assurer des retraits de petites sommes… Le tout pour un peu plus de 300 euros par mois, plus 50 centimes pour chaque colis envoyé ! » « Et que se passe-t-il quand le commerçant à qui on a confié le service part à la retraite ? », interroge encore Bernard Lavorel.

« De toutes façons, le seul objectif est d’économiser du personnel. La Poste compte 800 salariés en Gironde, et on perd chaque année 50 emplois. »

Fargues a sauvé son bureau

« Ce que je n’aime pas, c’est qu’on avance masqué. » Bertrand Gautier, le maire de Fargues-Saint-Hilaire, s’est engagé l’an dernier dans un bras de fer avec la direction de La Poste.

« D’abord, c’est le service financier qui a disparu avec le conseiller financier ; et il y avait sans arrêt des fermetures ‘‘sauvages’’. Alors les gens viennent et trouvent portent close une fois, deux fois, et puis ne reviennent plus… », dénonce l’élu qui accuse La Poste de faire baisser ainsi artificiellement les chiffres de fréquentation.

800 signatures

Lettre au préfet et au Département, pétition signée par 800 habitants de Fargues et des communes environnantes… L’activisme farguais semble avoir payé, alors que la direction de l’entreprise, si elle assurait cet été que sa présence n’était pas remise en question, parlait de faire évoluer « la forme » de cette présence. Autrement dit, elle entendait trouver un commerçant disposé à devenir un relais-poste, ou pousser la municipalité à ouvrir une agence postale communale. « Hors de question » pour Bertrand Gautier, pour qui confier le service à un commerçant, « c’est courir le risque qu’il ferme à son tour ». Ouvrir une agence communale ? « Les communes n’ont pas à se substituer à l’État, qui par ailleurs ne se prive pas pour baisser ses dotations aux collectivités. Ou alors, il faut le dire clairement et redéfinir les attributions de chacun. »

Une position de principe qui s’appuie aussi sur le schéma de cohérence territoriale (Scot) de la métropole bordelaise, qui qualifie Fargues-Saint-Hilaire, avec ses près de 3 000 habitants, de « centralité périphérique principale ».

http://www.sudouest.fr/2017/01/04/la-discrete-fuite-de-la-poste-3076282-2755.php

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